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Newsletter du 1er trimestre 2012


DEVENIR FILS ET FILLE DU PERE

Éditorial n°48 –Janvier 2012 (1er trimestre)

Dans la newsletter n°44 de septembre 2010, nous vous avions invité à mieux découvrir qui était Jésus ; le nouveau Moïse, la nouvelle Torah… Dans la newsletter n°45 de avril 2011 , nous avons continuer notre connaissance de Jésus, notamment dans sa relation qui le lie à son Père. Nous vous proposons d’approfondir ce thème, de permettre à Jésus de se révéler plus en profondeur en tant que Fils, afin qu’il nous dévoile et nous amène plus en profondeur au Père et qu’il nous permette de rentrer nous-mêmes dans cette relation filiale au Père…



JÉSUS EST FILS
- Jésus nous révèle le Père
Quand on parle de Jésus, on parle de lui comme un rabbi exceptionnel, parlant un enseignement nouveau, riche, abondant. Dans l’évangile, on voit que les gens l’écoutaient avec plaisir, que souvent le peuple était suspendu à ses lèvres, c’est beau mais ce n’est pas le plus important !
Quand on dit de Jésus qu’il a fait des miracles, des guérisons, c’est beau mais ce n’est pas encore le plus important ! Quand on nous dit qu’il est mort pour nous, pour sauver tous les hommes, c’est important car en nous sauvant il nous donne la vie.
Rabbi, thaumaturge, rédempteur, ce sont des titres précieux pour présenter la mission de Jésus. Plus précieux encore est celui de ressuscité, de Seigneur ! Jésus est le seul à être ressuscité, à être le Seigneur, à être le Roi des rois. Et pourtant quand nous avons dit tout cela, nous n’avons pas encore atteint l’essentiel, l’essentiel du Christ.
Le secret du Christ, le trésor du Christ, son mystère intime est encore au-delà de tout cela. Oui il est notre rédempteur, laissons-nous pardonner et aimer par Lui, oui il est notre Seigneur, obéissons-lui et suivons le toute notre vie, et il nous conduira à la résurrection, lui le Seigneur des vivants et des morts, mais ne nous arrêtons pas là !
Quand nous serons pardonnés de tous nos péchés, quand nous serons ressuscités, quand nous entrerons dans le royaume de Dieu, nous suivrons le Christ, et où va-t-il nous conduire ? A son Père ! Il va nous mettre en chemin vers Lui, en nous dévoilant son cœur d’enfant, il va nous révéler ce que signifie « être fils » devant le Père, et ce sera notre vie éternelle ! C’est pourquoi, au delà de tous les enseignements que l’on nous donne sur le Christ, le secret, le trésor du Christ c’est le mystère de sa filiation !

« Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l'a dévoilé » (Jn 1,18). Dans le prologue de Jean, il nous est raconté l’histoire d’un Fils unique qui nous parle d’un Père unique. Jésus nous raconte le Père et d’ailleurs il dira en Jean 14,11 « Moi je vis dans le Père » . Il parle aussi de la « maison de mon Père » (Jn 14,2) là où il habite… C’est toute la vie d’un Fils qui nous est dévoilée et qui connaît son Père.

Les 4 évangiles désignent vraiment Jésus comme le Fils et désigne donc Dieu comme Père.
- Matthieu en parle par l’ange du Seigneur « Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous » (1,23) ; ou par Dieu lui-même « Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui–ci est mon Fils bien–aimé, en qui j'ai mis toute mon affection » (3,17) ; ou par Pierre « Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (16,16) et même par le diable « Le tentateur, s’étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains » (4,3)

- En Marc, nous le trouvons au commencement (« Commencement de l'Evangile de Jésus–Christ, Fils de Dieu. » 1,1), au milieu (« Une nuée vint les couvrir, et de la nuée sortit une voix : Celui–ci est mon Fils bien–aimé : écoutez–le ! » 9,7), et à la fin ( « Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit : Assurément, cet homme était Fils de Dieu. » 15,39) c’est-à-dire partout !

- En Luc, la filiation de Jésus, est aussi au début ( « Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père » 2,49 : un fils c’est quelqu’un qui est aux affaires du Père) et à la fin ( « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. » 23,34. « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. » 23,46. Les derniers mots sont pour le Père) A l’annonce de l’ange, il est dit de Jésus « Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut. » (1,31-32) Et à son baptême « l'Esprit Saint descendit sur Jésus sous une apparence corporelle, comme une colombe, et une voix vint du ciel: "Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. » 3,22

- Tout l’évangile de Jean est de montrer Jésus en relation avec le Père (nous le verrons au long de cette newsletter). Son évangile s’ouvre avec la vision du Fils éternel, qui vient dans notre chair « Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père. » (Jn 1,14) Jésus est venu dans notre condition humaine pour que nous puissions devenir à notre tour filial, pour que notre condition humaine devienne filiale. Jésus est tourné vers le Père et est dans le Père (Jn 1,18) pour nous le révéler. La finale de Jean se termine par Jésus qui a fait beaucoup de signes pour que l’on croit en Jésus, le Fils de Dieu « Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d'autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. Ceux-ci l'ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom. » (Jn 20,30-31)


Nous avons à croire que Jésus est le Fils de Dieu. L’objet de notre foi : croire que Jésus est Fils de Dieu. Si Jésus ne connaît Dieu que comme son Père, le Père ne connaît Jésus que comme son Fils. Quand le Père dit : « mon fils ! » , le fils dit « mon Père ! » . C’est totalement réciproque entre eux, aucun ne se désigne comme lui-même, chacun est désigné par l’autre. Il n’y a pas d’égocentrisme en Dieu, de peur de manquer de reconnaissance. La confiance est totale entre eux. Jésus dira « le Père témoigne pour moi » (Jn 8,18) Et le Père dira « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » (Mc 15,39)


- Pourquoi une telle dépendance entre le Père et le Fils ?
Après que Jean-Baptiste ait désigné Jésus comme « l’Agneau de Dieu » (Jn 1,29), deux de ses disciples suivirent Jésus et lui demandèrent : « Maître, où demeures-tu ? » (Jn 1,38) Quelle étrange question… La question aurait pu être « quel est ton enseignement ? » Jésus semble refléter comme un « secret ». Le texte continue « Il leur dit: "Venez et vous verrez." Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là; c'était environ la dixième heure. » (Jn 1,38) Jésus suscite la confiance d’emblée. Mais pour voir où il habite, il faut venir, il faut s’approcher de lui, il faut donc se déplacer et peut-être même quitter un maître comme l’ont fait les disciples de Jean (Quitter toutes ces bonnes écoles, ces bonnes personnes qui nous ont enseignées, fortifiées… qui si on restait avec elle, nous empêcheraient de progresser. C’est ça être fils !)

Il semble que les disciples de Jean-Baptiste aient découvert la fameuse « maison ». Mais quelle est donc cette demeure dont Jésus parle tout au long de l’évangile de Jean ? Le Père ! C’est Jésus lui-même qui nous apprend que la maison qu’il habite c’est le Père, c’est le sein du Père, lui qui est dans le « sein du Père » (Jn 1,18) Il doit être « chez mon Père » ou dans la « maison du Père » ou « le fils doit demeurer dans la maison du Père à jamais » ou « Je suis dans le Père » ou « je demeure dans son amour » . Jésus a expliqué souvent où il se tient, il ne quitte jamais ce lieu.
Toute sa pensée est comme accaparée par la Père et la révélation du Père. On comprend mieux sa colère, ses compassions, ses libérations et ses guérisons quand on comprend où il est. Quand il entre par exemple, dans le temple et qu’il voit le « trafic religieux » qu’on a fini par organiser, il a une colère terrible et il dit « vous avez fait de la maison de mon Père, une maison de trafic » (Jn 2,16). Très souvent nous « faisons » du trafic avec Dieu pour obtenir des choses… et de fait, nous défigurons la maison du Père et nous ne nous en rendons pas compte ! Et Jésus, qui est toujours dans le Père, souffre de cela et il veut que le monde sache qu’il aime le Père et qu’il fait comme le Père le lui a commandé. Il est habité du même feu quand il s’écrie « Abba, Père, pas ce que je veux mais ce que tu veux » (Mc 14,36).

Pour Jésus, aimer le Père, c’est vivre dans la communion à son vouloir « moi et le Père, nous sommes un » (Jn 10,30) et « les véritables adorateurs, adoreront le Père » (4,23) et non la religion ou tomber dans la « religiosité ». Ici, il s’agit du Père « vous adorez ce que vous ne connaissez pas… » « Nul ne vient à moi si le Père ne l’attire » « vous, vous ne le connaissez pas, moi je le connais parce qu’il m’a envoyé. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi le Père » (8,19)
Jésus est dans une obéissance « amoureuse », « tout ce que je dis, je l’ai entendu de mon Père et tout ce que je fais, je ne le fais pas de moi-même c’est le Père qui me l’a montré. » (Jn 5,19) Jésus est mort « vers » le Père et c’est ce que le centurion a vu « voyant comment il est mort, le centurion qui se tenait en face de Jésus s’écria : « assurément, celui-là est fils de Dieu » (Mc 15,39)

Quand nous lisons l’évangile, dans tout ce que fait Jésus, il ne s’agit que de ce que le Père lui a montré. Jésus était entièrement uni à son Père, ne faisant rien qui ne vienne du Père et il ne le faisait que si le Père lui demandait de le faire.
Là dans cette obéissance filiale, le Père peut agir à sa guise et il peut faire des merveilles et des prodiges puissants dans le monde. Et c’est pourquoi Jésus est un « comtemplactif » du Père c’est-à-dire que son action découle de sa contemplation permanente, il est toujours tourné vers le sein du Père, il est toujours à vouloir le glorifier, il sait d’où il vient, il sait où il va et tout ce qu’il fait c’est pour le jeter dans le Père. Alors on le voit prier, enseigner qu’il faut prier sans cesse (il parle des adorateurs). On le voit se retirer pour prier manifestant son besoin d’être seul avec son Père et que cette relation c’est la relation essentielle, c’est pour cela qu’il se retire pour prier. Il veut dire qu’il n’est pas sauvé par ses activités, il n’existe pas par ce qu’il fait, il existe dans le regard du Père et dans son amour.

À partir du moment où on n’arrive plus à s’arrêter pour prier c’est l’indice qu’on commence à être esclave de son ministère, de son travail, de ses activités… Il nous faut nous retirer pour prier, retrouver cette intimité avec le Père, ne dépendre que de Lui… Et quand on ne peut plus rien faire, on peut être encore FILS ou FILLE !



ENTRER ET GRANDIR DANS LA RELATION FILIALE
- Le péché du fils cadet
Nous connaissons tous la parabole du fils prodigue ou du Père admirable en Luc 15,11-31.
Le fils cadet a commis deux péchés contre son Père en quittant la maison du Père : le premier, en lui signifiant qu’il n’avait plus rien à voir avec lui en disant « donne moi ma part qui me revient » puis en partant dans un pays lointain (Ce pays est une indication spirituelle : plus on s’éloigne duPPère, plus on est dans le péché) pour vivre loin de la maison du Père, donc hors du salut. De fils, il est devenu un homme pour chercher un emploi auprès d’un autre homme qui lui fait garder les cochons. Il ne reçoit même pas la nourriture que reçoivent les cochons, les plus impurs des animaux. Il est donc plus bas qu’un animal, presque réduit à néant, presque retourné à la poussière. Tout ça c’est la conséquence de sa rupture avec le Père, il s’est « défilialisé » , il s’est déshumanisé (il est plus bas que les animaux impurs).
Un deuxième péché apparaît : on ne sait pas ce qu’il a vécu (c’est le fils aîné qui en parle au verset 30) mais quand on vit hors du salut, on fait n’importe quoi de soi-même et de son corps, on commet un péché contre ses frères.

Jean-Baptiste dira « voici l’agneau de Dieu qui enlève LE péché du monde » (Jn 1,29). Il semblerait qu’il n’y est qu’UN péché du monde, c’est le péché contre la paternité. Le monde ne veut plus accepter que Dieu soit son créateur, que son origine vienne d’un autre. C’est un monde qui s’auto-suffit, qui est orgueilleux (je ne dois rien à personne, je n’ai rien à rendre à Dieu).
Ce péché engendre LES péchés contre la fraternité car si je perds mon humanité, je perds de vue l’humanité des autres ; si je perds de vue ma filiation, je perds de vue la filiation des autres. Cela signifie que les autres ne sont plus mes frères, ils sont des menaces, des rivaux, des proies, des concurrents, des gêneurs…
En rompant avec son Père, le fils cadet a rompu avec son frère, le fils aîné et c’est le Père qui les redonne l’un à l’autre. Quand l’aîné se plaint du cadet, il ne le reconnaît plus comme son frère « ton fils que voici » dit-il ! Le Père lui répond alors « ton frère que voilà ».
C’est donc bien le Père qui instaure la fraternité. On n’est donc dans une relation de fraternité que lorsqu’on est dans une relation de filiation au Père. C’est donc dans la maison du Père que l’on se reconnaît comme frère. Quand on quitte la maison du Père, cette qualité se perd et on peut devenir tout le reste : des histoires, des histoires et des histoires. Autant une filiation au Père fonde une fraternité, autant le péché contre la paternité engendre les péchés contre la fraternité. Si on veut sortir des péchés répétitifs contre la fraternité, il nous faut nous plonger plus profondément dans notre filiation.

Jésus a ouvert le chemin à la filiation de Dieu, il est « l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8,29). Il est le fils aîné, le fils unique, le grand frère, dans lequel nous avons « l’adoption filiale » (Rm 8,15). L’adoption filiale, ce n’est pas une filiation second choix, nous sommes héritier de part le Christ : tout ce que le Christ reçoit du Père, nous le recevons.
Il a donc fallu que quelqu’un s’incarne dans notre condition humaine et vive cette condition humaine, pratique l’obéissance filiale joyeuse. Face à Satan qui lui disait : « si tu es le fils de Dieu… » (Mt 4) sachant que personne ne l’est… Jésus répond, « il est écrit… » Ce que le démon redoute c’est la filiation, car il ne peut la copier c’est pour cela qu’elle lui fait peur : si Dieu fait cadeau à l’humanité de la filiation, alors le démon est vaincu. Ce dont le démon se régale c’est de notre désobéissance filiale.

« Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père » dira Jésus (Jn 4,34) Il enseignera à ses disciples à entrer dans la volonté du Père… et dans cette prière au Père...


- Prier « Notre Père » (Mt 6,9-13)
Les disciples voyant Jésus prier lui demandèrent : « Apprends-nous à prier » (Lc 11,1) et Jésus leur répondra « lorsque vous priez, dites « Père…. »
Le 1er et dernier mot du « Notre Père » en grec se correspondent : le 1er mot est Père (pater en grec) et le dernier mot est mal, mauvais (povéros en grec). En face du mot Père il y a le mot mal qui correspond au mauvais, à Satan. En face des péchés contre la fraternité qui nous empoisonnent tellement, il y a le péché contre la paternité. L’auteur du mal, le Satan, le mauvais il en a après le Père.
Jésus nous dit : quand vous priez dites : « Père » et n’oubliez pas de terminer par « délivre nous du mal » c’est-à-dire délivre-nous de celui qui veut nous faire douter de la paternité de Dieu, de sa bonté paternelle, de sa providence paternelle, de sa grâce, de sa tendresse paternelle. Le mauvais, il voudrait nous faire douter que ça existe et quand on se met à douter de la paternité de Dieu, tout s’effondre et ça peut conduire à la désespérance, il n’y a plus de pardon, de secours possible.
L’histoire du fils prodigue est parfois angoissante car on assiste à la descente du fils et à un moment donné on se demande s’il va s’en sortir tellement il descend. Et là, il y a le combat spirituel : qui va l’emporter ? Quand arrive une injustice, une difficulté, il y a un combat spirituel à mener. Toutes les difficultés, les adversités… sont des occasions de chutes et des occasions rêvées pour Satan pour couper la relation avec le Père car quand on est coupé du Père, on commet le péché contre la paternité, on perd confiance et on bascule hors du salut, dans ce pays qui n’est plus la maison du Père et où il n’y a que domination, argent…

La première phrase « Père » et la dernière phrase « délivre nous du mal » ne doivent pas être séparées car celui qui s’enracine dans la paternité de Dieu remporte la victoire sur le mal. C’est de s’accrocher au Père qui nous délivre profondément de l’influence du mauvais. Ce n’est pas de faire des prières de délivrance, même si elles sont nécessaires (car si on demande une prière de délivrance c’est qu’on a déjà perdu la bataille principale et la bataille principale c’est la relation de foi, de confiance avec le Père.)
Quand on se tient près du Père, le démon ne peut rien. Jésus dira à l’heure de son épreuve : « sur moi il n’a aucune prise » (Jn 14,30) car il est le Fils, il est toujours chez le Père.
Dans l’intimité avec le Père, il n’y a pas de place pour un esprit mauvais et un fils ou une fille de Dieu qui se rapproche de son Père, qui se rappelle toutes les paroles fortes de Jésus « nul ne peut vous arracher de la main du Père » (Jn 10,29) « celui qui est en vous est plus fort que celui qui est dans le monde » (1 Jn 4,4) « ne craignez pas, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33) en ressort fortifié. Il nous faut donc cultiver la relation au Père, c’est la 1ere chose que nous avons à faire. C’est lui qui nous délivrera du mal

Nous devons donc grandir dans notre relation au Père et surtout, quand le découragement nous vient ou d’un frère qui se décourage. Pourquoi tout d’un coup ce découragement ? C’est le travail du mauvais, il a réussi à nous détacher du Père en nous murmurant des paroles qui deviennent nôtre, « il n’y a personne qui s’occupe de moi » « c’est pas vrai que le Père prend soin de moi… » On a été peu à peu déconnecté du Père, de notre confiance filiale et nous sommes entrés, quand même avec notre consentement (car si on commence à se décourager c’est qu’on y consent donc là est le péché ; il y a péché s’il y a participation. On ne fait pas de péché inconscient, un péché c’est conscient mais c’est conscient parfois sans qu’on sache que c’est un péché jusqu’à ce que quelqu’un nous aide à le voir).
Un autre symptôme qui nous coupe du Père, c’est la peur. Dans l’épisode de la tempête apaisée dans Mc 4,35, il est spécifié que Jésus « dormait sur le coussin, à l’arrière » . Les disciples crient, mais ces cris et la tempête ne réveillent pas Jésus. Les disciples le réveillent « Maître, cela ne te fait donc rien, nous périssons » et Jésus se réveille et dit « Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous si peur ? » Il ne leur dit pas « pourquoi avez-vous peur ? » mais « pourquoi avez-vous si peur ? » alors que Je suis avec vous, que Je dors sur le coussin ? Pourquoi avoir si peur alors que Jésus est là, il dort dans la main du Père. Le coussin représente la main du Père, la confiance au Père, son intimité au Père et dans cette relation on ne peut pas avoir « si peur » au point de penser qu’il n’y a plus personne pour nous. La tempête a réussi à vaincre notre confiance dans le Père au point que l’on rentre dans la panique. Toute la différence entre Jésus et les disciples dans cet incident là, c’est le coussin. Là, on a une mise en rapport de la foi/confiance avec la peur.
On a vite peur, c’est instinctif mais c’est quelque chose qui se passe dans notre imagination. On a peur des conséquences, des conséquences de conséquences, alors qu’il ne s’est souvent encore rien passé. L’imagination est le terrain de jeu du démon, il nous fait partir sur des choses sans fondement, il nous fait interpréter nos comportements les uns les autres… Quand il réussit à nous faire peur, alors nous sommes déconnectés du Père. Quand la peur commence à me gagner, quand je commence à faire des choses et à croire tout ce qu’on me raconte (les médias, les publicités, notre entourage...) alors je suis pris au piège. Face à cela il y a « notre Père ».

Combien de fois quittons-nous la maison du Père ? Nous avons besoin que quelqu’un nous ouvre la voie, nous avons besoin de Jésus pour nous ramener au Père et faire cette expérience filiale en et à travers Jésus… Oui, méditons le « Notre Père » et entrons plus en profondeur dans cette relation au Père



CONCLUSION
En cette nouvelle année, que nous puissions nous plonger plus en profondeur dans cette intimité avec Jésus pour qu’il nous mène et nous révèle le Père et qu’à notre tour, d’autres rencontrent le Père !
Le cœur de l’évangile de Jésus-Christ, c’est la révélation du Père, le cœur de la vie du disciple de Jésus, c’est de devenir fils ou fille bien-aimé(e) du Père car Dieu n’a pas d’autre moyen de se faire connaître comme Père que par le visage des fils et des filles. Et si les gens nous voient comme des fils et des filles, ils diront : « je veux moi aussi connaître ton Père ! » « je veux savoir la source qui t’irrigue, je veux connaître ton origine et m’y plonger aussi ! »
Mais entrer dans cette relation va plus loin, elle nous permettra de connaître le temps de Dieu. Jésus, qui était toujours en relation avec le Père, savait d’où il venait et où il allait, il savait ce qu’il devait entreprendre ou ce qu’il devait laisser, comment il devait agir ou parler, ce qu’il devait enseigner et à quel moment…
Alors, quel est le secret pour être heureux et le rester ? S’attacher à Jésus pour qu’il nous montre le chemin qui mène au Père, rester près du Père et s’entretenir avec lui en toute chose et pour toute chose afin de recevoir les directives en ces temps, les révélations sur nos vies ou pour ceux qui nous entourent, les guérisons et les libérations pour avancer et grandir…et enfin se plonger dans le feu de l’Esprit pour garder les paroles de Jésus et de son Père, pour être purifiés, fortifiés, protégés et brûlés de zèle pour la maison du Père !


Les responsables


 
 
 
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